STELLIUM – Vous êtes un architecte de l’univers

STELLIUM chez Ankama
Pour 2 à 4 joueurs à partir de 10 ans
Un jeu de Rémi Saunier
Pour une durée de 30 minutes environ
Disponible ICI
Le Bing Bang vient d’avoir lieu. Désormais les astres et les planètes se mettent en place doucement dans l’immensité de l’espace. Et vous, grand architecte de l’univers, vous allez assembler et organiser les mondes.
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STELLIUM est un jeu dans lequel les joueurs vont tenter de réaliser des objectifs inscrits sur de petites cartes en plaçant des billes (les planètes), sur un plateau représentant l’univers.
Les objectifs indiquent des configurations précises de formes et de couleurs. Pour parvenir à les réaliser, des parties du plateau vont tourner et certaines billes provoqueront des actions au moment où elles vont entrer en jeu.
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Ainsi les billes jaunes (soleil) feront tourner un plateau sur lequel elles arrivent, les billes vertes permettront d’intervertir deux autres billes dont une verte, les bleues permettront de pousser les autres billes, et la supernova rouge peut attirer une planète dans un trou noir, un emplacement entre les différents plateaux tournants.
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A son tour, le joueur pioche une bille dans un sac. Selon ses objectifs, il tentera alors de prendre la couleur qui l’intéresse pour en appliquer l’effet. Pour le guider, il pourra utiliser le côté ingénieux du jeu, puisque chaque couleur de bille a aussi une texture différente et il est possible de tenter de les reconnaître au toucher. Hormis le soleil qui est plus facilement reconnaissable, les autres seront assez proches les unes des autres. Bien entendu, on sera parfois contraint à jouer une bille que l’on ne voulait pas…
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Une fois la bille placée, on essaye, alors, en appliquant leur effet de créer une configuration correspondantes à l’un de ses objectifs. On pourra alors marquer des points pour les objectifs réalisés. En fin de tour, on peut en piocher un nouveau mais en conserver que 3.
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Enfin, il sera possible d’utiliser des jetons jokers qui permettent d’appliquer une action à une bille, même si elle n’est pas de la bonne couleur. Ces jetons seront limités à 4 (un par couleur) et apporteront un point de victoire pour chacun qui n’aura pas été utilisé durant la partie.
Le premier joueur à atteindre 20 points mettra fin à la partie.
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Les règles sont simples et le thème est vraiment original. Stellium harmonise à la fois le jeu de placement abstrait et la sensation du toucher. Un joli jeu avec un beau matériel à un prix raisonnable.

AZUL – Quand la faïence séduit le roi du Portugal

Le roi du Portugal a l’occasion de voir le palais d’Alhambra en Espagne, un joyau de l’art islamique, du temps où les Maures se trouvaient en Europe du Sud.

Il tombe littéralement amoureux des lieux, en particulier de la faïence qui en recouvre les murs. Il décide alors de l’importer au Portugal. C’est ainsi que les joueurs vont devoir réaliser le plus beau mur composé de faïence …

Un joli thème pour un joli jeu. En effet, outre la belle boite colorée et à la fois si simple, on trouvera à l’intérieur quelques tuiles qui représentent les fabriques de faïences, mais surtout une 100aine de beaux jetons en … faïence ? Non je ne crois pas, mais l’effet sera bien là… 

Autre avantage, le jeu est extrêmement simple et, malgré tout, malin, un peu comme l’excellent KingDomino. Le but sera de prendre des faïences puis de les poser sur un plateau individuel pour former des lignes.Les lignes sont de longueurs différentes, 1 seule place en haut et 6 en bas. Une fois complète, on fera alors glisser, à chaque fin de manche, une faïence de la ligne vers le mur, le reste étant défaussé du plateau. Il faut donc remplir à nouveau les lignes pour faire glisser chaque carreau de faïence.

Une fois glissée, la faïence rapportera des points en comptant les autres faïences déjà présentes qui se trouvent dans la même ligne et colonne que celle qui vient d’arriver (et qui se touchent entre elles)

Mais revenons sur la manière de les acquérir, car toute la subtilité du jeu est là ! Au début de chaque manche on remplit chaque tuile fabrique, au centre de la table, par 4 carreaux. Puis les joueurs, tour à tour, peuvent, soit prendre une couleur sur une fabrique et défausser les autres dans le centre, soit prendre une couleur du centre et défausser le reste dans la réserve… La manche prendra fin lorsqu’il n’y aura plus de faïence au centre de la table. Et c’est là qu’on les fait glisser et marque des points.

Si jamais on a trop de faïence à poser sur une ligne, le reste donnera des pénalités mais c’est très rare…

Le jeu prendra fin dès qu’un joueur aura fait une ligne horizontale complète, on termine alors la manche. Les lignes horizontales complètes donnent 2 pts de plus, les verticales 7 pts, et si on a 5 fois la même couleur sur son mur, jackpot de 10 pts !!

AZUL est simple, très simple à comprendre… on prend sur une fabrique, on defausse au centre, ou on prend au centre et on défausse en réserve… Méga simple ! Mais pas tant que cela !

Il faudra bien compter, se demander si il restera assez d’une couleur pour finir une ligne, ou encore essayer d’arranger les faïences sur son mur pour les assembler et surtout bien choisir pour ne pas laisser trop d’opportunités à ses adversaires… Oui, il est malin et subtil avec même une courbe d’apprentissage. En effet, on regardera que son plateau au début, mais au fil des parties on jettera un oeil chez les autres !

Avec un belle boite, un matériel à la fois simple et beau, des règles très simples, et la dose juste de subtilités pour convenir à tous joueurs, je vous conseille vraiment AZUL.

AZUL est disponible ICI

Pour 2 à 4 joueurs – A partir de 8 ans – Durée 30 minutes

Un jeu de Michael Kiesling – Editions Plan B

PHOTOSYNTHESIS – Un jeu qui envoie du bois

Quoi de mieux que l’automne pour parler des arbres ? En cette saison, les paysages prennent de magnifiques couleurs jaunes, rouges, marron… Un véritable tableau d’art !  Mais c’est aussi l’occasion de vous parler de Photosynthesis, un des derniers jeu de Blue Orange, dont la sortie officielle est prévue à Essen 2017, ainsi que dans toutes les boutiques. Découvert il y a plusieurs mois déjà, il est grand temps que je vous explique de quoi il en retourne et de vous donner mon avis.

Photosynthesis, c’est l’histoire d’un lopin de forêt où les arbres vont profiter du soleil pour croître, puis disparaître après avoir ensemencer le sol pour laisser place à de nouveaux arbres. Tout cela peut paraître naturel, mais cette fois, les différentes essences d’arbres que chaque joueur va contrôler, essaieront de profiter au maximum de la place et des rayons du soleil dans une lutte acharnée.

Tu me fais de l’ombre !

Pour pousser, un arbre n’a besoin que d’une seule chose : De l’énergie solaire ! Le soleil va tournoyer autour de la forêt arrosant les arbres de ses rayons. Ceux-ci vont alors capter la lumière pour la transformer en énergie nécessaire à leur croissance.

Enfin, quand je dis « ceux-ci », ce seront surtout les arbres qui ne seront pas à l’ombre ! Tous les arbres en périphérie vont alors en profiter, et encore ! S’ils sont du bon côté du soleil. Mais ceux qui se trouvent plus à l’intérieur risquent de rester à l’ombre de ceux qui se trouvent dans l’axe du soleil.

Seul moyen d’en profiter : être plus grand que les autres ! Sachant que plus un arbre est grand, plus il couvre d’ombres les cases derrière lui. Ainsi un petit arbre ombrage une seule case, mais un grand viendra gâcher la vie des autres trois cases derrière lui.

Bref, il est quand même préférable de pousser tranquillement sur un bord plutôt qu’au centre de la forêt où chacun se bouscule ! Seulement voilà, être plus au centre apportera plus d’avantage. Mais nous verrons cela plus loin.

Il faut de l’énergie !

Une fois, la photosynthèse réalisée, les arbres vont alors utiliser leur énergie. Celle-ci pourra servir à croître plus haut, mais aussi engendrer de nouveaux arbres.

Dans Photosynthesis, il sera nécessaire d’avoir le nouvel arbre à disposition pour le faire grandir. Pour cela, il faut réaliser un « achat » depuis son plateau personnel où seront entreposer les graines et les arbres de différentes tailles et en dépensant des points d’énergie obtenus par le soleil. On pourra alors seulement, avec une action de pousse, remplacer un arbre de son essence par un autre plus important, un fois disponible. L’arbre remplacé sera alors reposé sur le plateau prêt pour être acheté, sinon il sera défaussé faute de place, puisque celles-ci sont limitée.

Heureusement, dès le début, on aura à disposition 2 graines, 4 petits arbres dont deux seront déposés en bordure de forêt lors de la mise en place, et un arbre moyen.

L’apogée de l’arbre… et sa renaissance

Arrivé à sa taille maximale, l’arbre est à son apogée et une action permet de le retirer du plateau pour, cette fois, rapporter des points de victoire. Plus, il sera au centre, plus cela donnera des points. Mais souvenez-vous, le centre est la position la moins exposée au soleil !

Pour implanter un nouvel arbre, il suffira alors, toujours en dépensant de l’énergie,  de réaliser une action pour ensemencer une graine à partir d’un de ses arbres. Mais là aussi, la taille compte ! Ainsi, un grand arbre pourra déposer une graine à une plus grande distance, qu’un petit arbre qui devra se contenter d’une case libre voisine.

Tant qu’il y a de l’énergie, il y a de l’espoir…

Un joueur, lorsque c’est son tour, pourra alors dépenser les points d’énergie qu’il le désire, avec pour seul limite le nombre qu’il possède. Mais il a le droit d’économiser ! Surtout si la situation n’est pas favorable à son tour. Tout cela, bien sûr, est une question de stratégie et de calcul.

Il tourne, il tourne le soleil…

Le soleil va alors voyager autour du plateau, arrosant la forêt sous six angles différents pour attribuer son énergie. On redémarre alors, pour tous les joueurs, le décompte d’énergie. Puis chacun, à partir du premier joueur, réalise ses actions avec l’énergie à disposition. La partie prendra fin au bout de trois révolution complète du soleil autour du plateau, voir quatre pour une partie longue. Au bout de ces parcours, les joueurs décomptent alors leurs tuiles de points et le vainqueur sera élu l’essence reine de la forêt !

Ce que je pense ?

La première chose qui m’a attiré dans Photosynthesis, c’est son magnifique design qui nous plonge complètement dans le thème du jeu pourtant abstrait. L’ensemble des arbres érigés sur le plateau sera du plus bel effet de nature. Ce sera d’autant plus naturel que la grosse boite de photosynthesis ne comporte aucune partie en plastique. Ne vous étonnez pas, donc, si vous n’y voyez aucun sachet plastique. Oui tout est fait de carton et de papier, même les casiers de rangement des différentes essences d’arbres.

L’illustration de la couverture est absolument remarquable et je suis cloué par le travail de Sabrina Miramon, également illustratrice de Quadropolis. Le petit arbre illuminé au milieu d’une clairière d’arbres centenaires donne à la fois le thème du jeu, mais soulève immédiatement la curiosité.

Le jeu par lui même reprend une mécanique basée sur la lumière et l’ombre, chose que l’on trouve également dans Arboria. Mais, Photosynthesis, malgré ses règles très faciles d’accès (2 feuillets), nous fera des nœuds au cerveau avec une réelle courbe d’apprentissage. C’est ce que l’on retrouve souvent dans la plupart des jeux abstraits, où l’on va mettre chaque partie à profit pour découvrir de nouvelles astuces. Chacun de vos choix auront une importance et devront tenir compte de la rotation du soleil. A noter enfin que je lui préfère une partie courte de trois révolutions que la version longue de quatre.

Photosynthesis est vraiment un beau jeu, sans hasard et stratégique malgré ses règles toutes simples. Il peut très bien se jouer tranquillement en famille, mais aussi en challenge de points avec ceux qui aiment se creuser la tête. A apprécier avec un fond sonore de musique relaxante…

Bien entendu, c’est aussi le jeu idéal pour tous les amoureux de la nature…

Pour 2 à 4 joueurs, à Partir de 10 ans

Durée d’explication : 5 à 10 minutes max

Durée de la partie : 60 à 90 minutes selon le niveau

Disponible ICI