TERRES PIRATES – Oh là marin d’eau douce !

Oh là ! Flibustiers et marins d’eau douce, les trésors seront miens ! Écartez-vous de mon chemin ou vous entendrez parler de Barbe Noire ! Mouhaha ha ha !

Et oui, pas de surprises, avec une telle dénomination, vous aurez affaire à un jeu de pirates. Chaque joueur en incarne un et devra voyager d’îles en îles à la recherche de trésors pour les amener à bon port, c’est à dire au point de départ, la capitale…

Mais attention, pas question de faire plusieurs voyages, il faudra revenir les cales pleines avec 4 trésors.

Bien entendu, les autres pirates vont tout faire pour s’empêcher les uns les autres d’y arriver, à coup de canons et d’abordages !

Chaque pirate dispose d’un deck de cartes propre à son personnage. Celui-ci aura une spécialisation, par exemple pour fort en attaque, meilleur en défense, plus rapide sur les flots, un peu de tout …etc…

A cela s’ajoutent des pioches communes de cartes permettant d’obtenir des cartes de navigation, nécessaires pour se déplacer, des cartes objets pour prendre les trésors sur les îles, des cartes armement pour les abordages et enfin, des cartes canons pour se faire des trous dans la coque.

A son tour, un joueur puise trois cartes de n’importe quelle pioche (y compris son propre deck), puis il en jouera à volonté pour réaliser son tour. Il peut ainsi se déplacer, prendre un trésor sur une île ou attaquer un adversaire, etc…

Pour prendre un trésor, il suffira de fournir les objets adéquates indiqués sur l’île pour se saisir de la tuile trésor. Pour attaquer, il devra se trouver à portée (en général sur la même case) que son adversaire et les hostilités vont démarrer .
Un combat commence par une phase de canonnades où chaque joueur vont balancer leurs boulets chauds pour trouer le navire adverse. On se prendra alors des jetons « trous dans la coque » . Vient ensuite l’abordage, où chaque joueur va balancer ses cartes d’armement de différentes valeurs, mais ils devra déduire le nombre de trous dans la coque, en malus.

Celui qui remporte le combat peut alors voler une carte adverse (même provenant du deck propriétaire) et éventuellement un trésor, s’il a une carte qui lui permet.

On pourra en payant des cartes sur une île, faire réparer son bateau.

Pour mettre un peu de rhum à l’aventure, des cartes événements viendront nous perturber à chaque tour, comme par exemple, le fameux Kraken !

Terres Pirates est un jeu aux régles très simples. D’ailleurs, je pense qu’il peut convenir à toute la famille, même à partir de 8 ans…

Bien entendu, toute sa saveur viendra de ses coups vaches car on ne se fera pas de cadeaux. Les alliances iront bon train pour empêcher un joueur de gagner trop facilement en lui barrant la route et en tentant de lui reprendre quelques trésors. Plus on sera nombreux, plus les retournements de situation ne manqueront pas. Bref, on va se mettre joyeusement sur la figure !

Remarquons également des très belles illustrations d’aquarelles, ainsi que, sur les côtés de la boîte, des clins d’oeil historiques sur de véritables pirates qui ont inspiré ceux du jeu…

Simple, Chafouin et beau, il convient à tous pour se défouler et se bastonner !

 

TERRES PIRATES
De 3 à 6 Joueurs – A Partir de 12 ans
Pour une durée de 45 min.
Un jeu de Matthieu Roussignol

Disponible ICI

KARMAKA – Bien remplir sa … SES vies

KARMAKA
Qui n’a jamais rêvé d’avoir plusieurs vies ? …
Tout le monde connait cette légende où les chats en auraient sept. Pourtant dans Karmaka, vous n’allez pas jouer le rôle d’un félin, mais celui d’un simple bousier. Vous connaissez ? Ce sont ces scarabées qui poussent une boule d’excrément avec leurs pattes arrières.
J’avoue que c’est un choix étrange pour un jeu, et j’ai beau chercher sur le Net, je n’ai pas vu de réelles explications entre le bousier et la réincarnation… A moins que je n’ai loupé quelque chose…. Mais passons au jeu…
Dans KARAMKA, le but sera d’atteindre en premier, par nos vies réincarnées, le plus haut niveau de Karma.
Ceci sera représenté par un petit pion en forme de bouddah à faire monter sur un plateau central. Pour ce faire, chacun va jouer des cartes qui représente sa vie. Au départ, nous aurons une main de 4 cartes, et 2 posées à notre gauche (comme pioche personnelle).
A chaque tour, on puise une carte de cette pioche, si on en a, puis on peut réaliser l’une des trois actions suivantes. La principale sera de poser des cartes devant nous au centre, pour tenter d’atteindre dans l’une des couleurs, une certaine valeur en les additionnant. Sachant que certaines cartes sont multicolores, mais seulement de valeur 1.
La valeur à atteindre servira à faire monter notre Bouddha sur le plateau central. Au départ, elle est de 4, puis sera incrémentée de 1 par vie, pour atteindre 7, niveau qui vous fera immédiatement gagner la partie.
Attention cependant ! Votre valeur sera décomptée uniquement lorsque vous serez au bout de votre vie, c’est à dire, si vous n’avez plus de cartes à jouer à votre tour ! Et, parfois, vos adversaires vous en empêcheront.
En effet, la seconde façon de jouer une carte, c’est d’activer son pouvoir. Chaque carte possède un pouvoir. Ils sont multiples, mais ont des tendances par couleur. Ainsi, le vert permet en général de reprendre des cartes depuis la « source » (une pioche commune), le rouge (feu) seront des cartes qui viendront faire quelques vacheries à vos adversaires (d’où l’intervention des adversaires)…
Une fois jouées, ces cartes pourront être récupérées par vos adversaires gratuitement ou partent à la fosse (la défausse commune)…
Enfin, pour la troisième possibilité, vous pouvez tout simplement la défaussez dans votre « vie future ». C’est votre défausse personnelle, placée à votre droite. Ces cartes pourront alors être récupérées pour votre prochaine « vie ». A noter que les cartes jouées comme « pouvoir » puis récupérées par un adversaire partent elles aussi dans la vie future de l’adversaire.
Cette manœuvre permet donc de préparer votre prochaine manche pour le prochain niveau de Karma.
Lorsque vous ne pouvez pas jouer de cartes, on regarde si l’une des couleurs a atteint la valeur du prochain niveau de Karma. Si c’est le cas, vous montez votre Bouddha à ce niveau, sinon vous récupérez un jeton Karmique qui ajoutera +1 à n’importe quelle valeur de couleur pour une prochaine vie. Ensuite, vos cartes jouées partent à la fosse, vous récupérez celles de votre vie future (et compléter parfois pour en avoir un minimum), et votre nouvelle vie démarre pour atteindre le prochain niveau de Karma…
Une fois en haut en premier, vous remportez la partie !
KARMAKA est très simple à prendre en main et il suffit de quelques tours pour comprendre comment il fonctionne. Ce qui attire tout de suite, ce sont les superbes illustrations du jeu et son thème sur le Karma, même si on ne comprends toujours pas ce que viens faire là ce bousier… Mais avec de si belles illustrations, on prendra un grand plaisir à manipuler le jeu. A noter également, que le plateau central peut être remplacé par 2 cartes, ce qui permet d’emmener le jeu en voyage dans le sac fourni, pas bête !
KARMAKA est fluide, rapide et les pouvoirs apporteront la touche stratégique au jeu, ou l’interaction entre les joueurs. Même s’il reste léger, parfois on pourra réaliser avec nos cartes quelques combinaisons. Ceci dit, on n’est jamais à l’abri d’une attaque adverse venant perturber nos plans.
Il y aura aussi ce petit instant de tension, où vous vous débarrassez de votre dernière carte, prêt à grimper au niveau suivant, et qu’il faille attendre un tour complet en espérant que personne ne vous en empêche.
KARMAKA de Eddy Boxerman et Dave Burke
Pour 2 à 4 joueurs – A partir de 13 ans
Edité chez Lumberjacks
Disponible ICI

La course vers L’El Dorado

L’or ! …. D’énormes quantités d’Or ! …  Qui peut y résister ?  L’El Dorado et sa cité d’or est à notre portée. Seul inconvénient, Franchir les dangereux territoires pour l’atteindre et surtout arriver le premier !!

Le but : Atteindre en premier les cités d’Or

Lorsque le professeur avait révélé, lors de sa conférence, que cette vieille carte, exposée au musée de Londres, pouvait être celle qui révélait la route vers les cités d’or, personne ne l’avait pris au sérieux. Personne ? Pas vraiment ! Car dans la salle se trouvaient quelques chasseurs de trésors qui s’intéressent toujours à ce genre d’hypothèses trop souvent délaissées et qui s’avèrent parfois bien réelles. Il ne restait plus qu’à organiser une expédition pour en avoir le cœur net. Ni une, ni deux, quelques aventuriers se sont alors lancés dans cette folle aventure !

Après un long voyage vers l’Amérique du Sud, ils arrivèrent enfin au début de l’expédition. Déjà, plusieurs d’entre eux avaient eu la même idée. Désormais, il fallait être le plus rapide !

Le jeu se joue de 2 à 4 aventuriers. A 2 joueurs chacun jouera deux pions (Ils sont tous fournis en double par couleur). En début de partie les aventuriers sont sur le départ, prêts à franchir tous les obstacles vers les cités d’Or

Mais la route sera longue avant d’atteindre le but ultime !

Le jeu consiste à franchir tout un parcours créé par des tuiles modulaires (Recto-Verso). Plusieurs parcours sont fournis dans la règle avec des difficultés différentes.

Et diverses embûches viendront se mettre au travers de notre voyage. Certes, on peut les contourner, mais le voyage serait bien plus long. J’avais tout intérêt à bien me préparer et m’équiper au mieux durant le voyage.

Sur les tuiles, le chemin le plus court, donc en la traversant par le milieu, sera plus ardu. On peut les éviter, mais le nombre de cases à franchir sera plus grand. A vous de bien calculer votre parcours

Pour le moment, un matériel de base classique suffisait.

Au départ, chaque joueur possède le même set de cartes, 3 cartes avec une machette, 4 de pièces d’or et 1 pagaie pour franchir les zones d’eau.

Ma progression a alors débuté. J’avançais à bon rythme dans la jungle et le désert.

A son tour, un joueur pioche 5 cartes de son deck et doit toutes les jouer (ou les défausser, s’il ne peut pas s’en servir)

Pour avancer, il suffit de jouer la carte contenant le ou les symboles indiqués sur la case à franchir.

Certains passages ne demandent que de jouer des cartes, peu importe le symbole. 

Parfois, il fallait franchir des rapides en pagayant.

Pour franchir l’eau, il faut des pagaies

Mais rapidement, je me suis rendu compte qu’il fallait se préparer pour franchir des endroits plus coriaces. J’ai alors commencé à acheter du matériel.

Comme il est interdit de cumuler des cartes pour passer une case, il faut donc améliorer son jeu de base. Certaines cases demandent de nombreuses ressources, comme ici, la case à 4 pièces. En revanche, si on ne peut pas cumuler plusieurs cartes pour franchir une seule case, l’inverse est possible. Par exemple, on peut faire 4 cases qui contiennent 1 seule pièce avec une carte de 4 pièces… Vous me suivez toujours ? Bref, on a tout intérêt à acheter de grosses cartes. 

Pour acheter des cartes, on utilise alors les cartes pièces. et on en choisit une depuis le marché qui offre 6 possibilités

Si une place de marché s’est libérée, on peut alors choisir parmi toutes les possibilités. 

Après un choix globale, on descend alors les autres cartes sur le marché qui sera de nouveau limité à 6 choix

Ah non, impossible de passer, tout le monde est parti par là ou là ! … Que faire ? J’attends ou je contourne ?

On peut alors bloquer des adversaires qui n’ont pas les bonnes cartes pour avancer. c’est très amusant de les voir pester !

Une barrière de lianes ! Voilà de quoi ralentir ceux qui sont en avant !

Entre deux tuiles, une barrière est présente. le premier arrivé la franchit comme une case et la retire du jeu. Cela permet aux autres de vous rattraper un peu.

En fin de partie, si plusieurs joueurs arrivent en même temps à l’El Dorado, c’est le nombre de barrières possédées qui départage l’égalité

Au cours de l’aventure, j’ai heureusement trouvé quelques trésors intéressants dans les grottes.

Dans la version complète, on peut ajouter des jetons de grottes. Lorsqu’un joueur s’en approche, il peut prendre l’un d’eux. Ceux-ci apportent différents bonus.

Les jetons grottes…Toujours bon à prendre. Mais n’y passez pas trop de temps !

 

Heureusement, j’avais fait les bons choix en matériel.

Certaines cartes du marché sont puissantes. Bien entendu, les plus puissantes coûtent cher, et certaines d’entre elles sont défaussées dès leur utilisation (comme celle de droite)

D’autres cartes donnent des bonus. Ici, celle-ci permet de repiocher 3 cartes pendant son tour (pour information, c’est ici encore la version allemande en photo, mais elle sera bien en VF prochainement)

L’arrivée n’est plus très loin ! Les autres sont déjà là ! Vite, il faut avancer !

En général, le jeu est bien équilibré et les joueurs se suivent

Yeah ! Arrivé le premier ! Je savais que ce professeur archéologue avait raison. Me voilà riche !

Le premier arrivé, gagne la partie !

Un avis ?

Nominé au Spiel 2017 et bientôt sur les étals en France, au moment où j’écris ces lignes, je ne pouvais pas m’empêcher de découvrir ce jeu. C’est d’autant plus intriguant, que le créateur n’est autre que Reiner Knizia, un célèbre auteur qui nous a plus habitué à des jeux de réflexion, au lieu de jeux de course. En effet, même si le titre ne laisse pas d’ambiguïtés, on aura bien affaire à un jeu de course, vu que le premier joueur à atteindre un but sera le vainqueur.

Sa nomination au Spiel, catégorie classique, laissait aussi supposer un jeu grand public, donc très simple, et c’est le cas ! Cette fois, l’auteur semble avoir complètement changer ses habitudes. Mais ce n’est pas sans déplaire, puisque le jeu va quand même intégrer le système de deckbuilding (construire son paquet de cartes).

En effet, si vous avez lu l’article, il s’agira de gagner une course vers l’El Dorado en franchissant des obstacles de terrains, ceci grâce à des cartes et des bonus. Au départ, on commence tous avec un petit paquet de cartes, auquel viendront s’ajouter de nouvelles qu’on achètera au marché avec des cartes d’argent, et, petite subtilité, ces mêmes cartes serviront aussi à franchir le désert.

Les achats seront aussi plus ou moins limités, par notre argent bien sûr, mais aussi par une offre limitée au marché. On ne pourra alors acheter sur tous les choix que si un emplacement de marché se libère et du coup, les autres cartes du même type, seront alors disponibles aux autres.

S’il y a des petites subtilités, la course vers l’El Dorado reste, avant tout, un jeu très simple destiné à tous, et j’ai presque envie de dire plus particulièrement aux familles. Je dis « presque » car, même, si je le trouve simple, toutes les parties que j’ai joué, se sont passées entre adultes. Et ma foi, on s’est bien amusé. C’est fluide et rapide, et c’est très jouissif de bloquer certains passages et entendre pester ses adversaires.

Les grottes et leurs bonus sont facultatifs, mais personnellement, je les trouve indispensables pour mettre un peu de piquant au jeu. Bien entendu, avec des novices ou des joueurs plus jeunes, on peut s’en passer, histoire de retirer une règle. Mais croyez moi, je pense qu’ils y viendront très rapidement. En fait, si on joue avec des novices, la principale mécanique à assimiler sera de faire plutôt sur les achats des cartes pour avancer ou pour avoir des bonus, le fameux « deckbuilding ». Mais bon, La course vers l’El Dorado ne fera pas fumer vos cerveaux, et ce n’est pas son but ! Au contraire, il s’agit d’un bon jeu pour jouer de manière fluide avec peu de règles et passer un bon moment.

Le design, quand à lui, reste « à l’allemande » avec l’essentiel, mais sans être désagréable. On notera la possibilité de faire de nombreux parcours différents, plus ou moins difficiles, grâce aux tuiles modulaires. Et certains modèles sont vraiment chauds !

 

 

Le pion premier joueur, il ne vous rappelle pas quelqu’un ?